27/10/2003

20 ans en équipe nationale

Ci-dessous un article paru dans la Dernière Heure-Les Sports du 22 octobre
 

 

Vingt ans en équipe nationale: bon anniversaire, Jean-Mi!

NAMUR Quoi qu'il advienne, bien avant le coup d'envoi de ce Belgique-République tchèque, Jean-Michel Saive sait qu'il s'agira d'une soirée pas comme les autres. La seule présence de Sa Majesté la Reine donne à l'événement une dimension toute différente. Le fait est aussi que l'événement coïncide avec l'anniversaire des 20 ans de bons et loyaux services de notre n°1 national. Un fameux bail qui rappelle au principal intéressé des tas de souvenirs. «Le plus grand moment? Sans aucun doute, la finale de la Coupe du Monde à Osaka en 2000, même si nous avons été battus. Parce que c'était une finale mondiale et parce que c'était face à la Chine, mais peut-être aussi parce que tout cela est arrivé bien après les deux succès de la Belgique en Ligue européenne. En relativisant, toutefois, et en tenant compte de paramètres plus émotionnels, je pense que ces deux victoires en Ligue ont sans doute eu davantage de valeur. En 1993, nous avions échoué en finale devant la Suède. En 94, ce fut la revanche. Mais le sacre a eu lieu en Suède. En 95, c'était mieux, à Ans, chez moi, face à l'Allemagne. Ces deux triomphes s'accompagnaient d'un élan médiatique incroyable. Il y avait la télé en direct et le ping jouissait alors d'une popularité incroyable. Tout cela ensemble, c'était fantastique. Pour retourner sur la scène mondiale, évidemment, on ne peut pas oublier notre place en demi-finale à Chiba, en 91. A l'époque, plusieurs d'entre nous disaient que cela n'arriverait plus jamais!» Deux fois vainqueur de la Ligue et deux fois médaillé au Mondial (bronze à Chiba, argent à Osaka), Jean-Mi et ses Diables n'ont en revanche jamais vraiment bien réussi aux Championnats d'Europe. «En 96, Phil a raté une balle de match contre la France, sans quoi nous étions en demi-finales.»

Et pour la bonne bouche (et vous lirez que c'est le cas de dire), nous avons gardé le moment le plus insolite que Jean-Mi ait vécu en équipe nationale. Cela se passait à Chiba, en 1991, au cours du match face à l'Angleterre: «Thierry Cabrera affrontait Chen Xinhua et le match était hypertendu, comme souvent avec Thierry. Les séparations étaient très étroites et, à un moment, la balle file en direction du banc où Remo Deprophetis dégustait un sandwich. Il a voulu attraper la balle mais au lieu de la relancer sur la table, c'est son sandwich qui est parti. Comme c'était Thierry qui jouait, il y a eu comme un froid durant une fraction de seconde, avant que tout le monde n'éclate de rire. Thierry, lui, s'est d'abord demandé quoi avant de... rire lui aussi.»

 

«Quand on jouait, c'était souvent au ping»

Philippe et Jean-Michel: une enfance bercée par le sport

NAMUR Parler de son frère n'est pas toujours facile, surtout quand on s'appelle Philippe Saive et que le frangin en question se prénomme Jean-Michel. Deux années séparent les deux gaillards, et l'un a (presque) toujours suivi l'autre. Il y a 20 ans, Phil se souvient du départ de son frère pour ses premiers Championnats du Monde à Tokyo. «C'était évidemment un événement dans la famille, d'autant qu'à l'époque, les télécommunications n'étaient pas ce qu'elles sont devenues aujourd'hui. Tokyo, c'était à l'autre bout du mon- de et le frère aîné y partait pour trois semaines! Je n'ai pourtant pas de souvenirs très précis de cette période. Ce que je sais, en revanche, c'est que j'ai été privé de mon compagnon de jeu privilégié!» Jean-Mi avait alors 13 ans et Phil, 11 à peine. Mais attention: quand on parlait de jeu chez les gamins Saive, il ne s'agissait pas de cow-boys-Indiens mais bien de sport, et de préférence de... ping. «On avait aménagé le grenier de la maison pour jouer au ping. Jean-Mi et moi, on s'amusait à imiter les grands joueurs de l'époque: Bengtson, Klampar, Secrétin... On faisait ainsi des matches curieux. Parfois même, on simulait le Top12. Il est clair qu'après Tokyo, la page de notre enfance était tournée. Jean-Mi est entré définitivement dans les structures nationales et moi, j'y suis arrivé trois ans plus tard.»

C'est entre les deux que Phil a connu un petit moment de froid avec le ping: «J'avais l'impression de ne plus progresser et j'étais même retourné au foot, à Ans. J'avais abandonné un an auparavant lorsque Jean-Mi avait dû faire un choix.» Chez les Saive, on n'hésitait pas à jouer au football l'après-midi et au tennis de table en soirée. Le sport passait avant tout... «Au foot, Jean-Mi jouait libero et moi, extérieur gauche. Mais il n'y avait pas que le ping et le foot. Tous les deux, on adorait le tennis. On s'est aussi retrouvés à l'entraînement. J'ai repris le goût du ping et bientôt, Jean-Mi a dû admettre qu'il avait bien du mal à trouver un meilleur sparring... que moi.»

Avec les Diables, ils ont souvent vécu les mêmes émotions, qu'il s'agisse de joies ou de déceptions. Depuis la fin des années 80, ils n'ont pas raté une seule sélection dans un grand rendez-vous. Et l'histoire n'est pas finie. Un sacré bail.



12:39 Écrit par Nathalie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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