01/11/2003

Première victoire pour la Villette !

 

A l’occasion de la reprise de la saison de Champions League, les Carolos accueillaient l’équipe de Zagreb dans un Spiroudôme, malheureusement loin d’être rempli. Pour le premier match européen de la saison, on a dû droit à une rencontre particulière puisque c’était aussi l’occasion pour nous, supporters, de revoir Zukie, qui a fait les beaux jours du club pendant dix ans.

Après la présentation des équipes, sans les hymnes nationaux (la sono n’avait pas celui de la Croatie), Jean-Mi était fleuri pour ses 20 ans de carrière. Venait donc le moment d’entamer les débats.

Avec un premier match entre Primorac et Vladi, on savait très bien qu’une victoire du Biélorusse mettrait Charleroi sur de bons rails. Mais connaissant le talent de Zoran, on savait aussi très bien qu’il fallait s’en méfier. Et effectivement, le match fut des plus acharnés. Si Vladi remportait les deux premières manches (12-10 et 11-9), Zoran lâchait ensuite tous ses coups face à un Samsonov qui ne pouvait pas faire grand chose, vu la réussite de son adversaire (2 fois 6-11). Zukie en état de grâce, on avait bien peur de ce qui pouvait se passer durant le cinquième set mais Vladi (très fort mentalement car Zoran était on ne peut plus en confiance) gagnait le cinquième set 13-11.

Le deuxième match mettait aux prises Jean-Mi (incertain avant la rencontre puisqu’il soignait une tendinite qui remontait à Belgique-Tchéquie de la semaine dernière) à Bentsen. Le Dannois de Zagreb perdait les deux premières manches 12-10, malgré cinq points de chances dans la seconde. Mais Jean-Mi, passé au-dessus de ces balles chanceuses, ne laissait pas la moindre chance à Bentsen au troisième (11-1 !).

Patrick Chila affrontait Dragutin Surbek Jr dans la troisième rencontre. Après avoir mis du temps à entrer dans la partie (premier set perdu 5-11), Pat empochait les deuxième et troisième manche 11-8, avant de laisser le croate égaliser (11-13). Poussé par le public (qui avait mis du temps à se mettre dans l’ambiance), le Français gagnait le dernier set 11-7.

Bref, une bonne petite soirée de ping (avec pas mal de fous-rires en ce qui me concerne…) et surtout une belle victoire pour les Villettois, bien que plus sévère dans les chiffres que dans la manière. Il était impératif de gagner, pour bien débuter la saison, d’autant qu’avec Grenzau et Nevers dans notre poule, rien n’est joué d’avance.

Vladimir Samsonov (4e) bat Zoran Primorac (15e) 12-10, 11-9, 6-11, 6-11, 13-11 (3-2); Jean-Michel Saive (17e) bat Allan Bentsen (62e) 12-10, 12-10, 11-1 (3-0); Patrick Chila (38e) bat Dragutin Surbek Jr (226e) 5-11, 11-8, 11-8, 11-13, 11-7 (3-2).

 


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30/10/2003

Jour J-1!

 

C’est demain que se déroulera le match entre la Villette et Zagreb. En tant que supportrice numéro 1 de Jean-Mi, il est inutile de dire que l’attente commence à se faire longue pour moi. J’ai vraiment hâte d’être demain et de retrouver cette ferveur des matches de ping. D’autant que ce sera spécial puisqu’il y aura dans les rangs de Zagreb, Zoran Primorac (alias Zukie), qui a passé de nombreuses années à la Villette, où il nous a offert beaucoup de grand moment. Pour une reprise en Champions League, je ne crois pas qu’on pouvait espérer mieux.


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27/10/2003

Interview de Jean-Mi

Parue dans la Dernière Heure-Les Sports du 18 octobre.
 

Saive: "Avoir été numéro un mondial est quelque chose de dingue."

 

Mercredi, à Namur, Jean-Michel Saive fête ses 20 ans en équipe nationale. Retour sur sa superbe carrière

BRUXELLES Il y a 20 ans, imaginiez-vous que vous seriez encore là, sportivement parlant bien sûr, 20 ans plus tard?

«Franchement, non. Et c'est normal. Car lorsqu'on a 13 ans, quelqu'un qui avoue 33 ans paraît vraiment... très vieux. Donc, forcément, je ne pensais évidemment pas, à cette époque-là, que je serais encore compétitif 20 ans plus tard.»

Comment, dès lors, qualifieriez- vous les vingt années qui viennent de s'écouler?

«De fantastiques, de merveilleuses, d'inespérées et de très chargées. Et puis, surtout, elles m'ont donné l'impression de passer incroyablement vite. Avec tout ce que j'ai vu et connu, ces vingt années, pour moi, en valent au moins vingt de plus. C'est, en effet, comme si j'en avais pris pour... 40 ans!»

Cette longévité au plus haut niveau a-t-elle, pour vous, toujours la même saveur?

«Oui. Et pour une raison très simple: j'ai toujours pensé qu'il était plus profitable de connaître une carrière au haut niveau que de remporter, de manière éphémère, un grand titre, puis de disparaître dans l'anonymat. A mes yeux, il est plus facile de gagner un grand tournoi que de se maintenir, comme je l'ai fait, au top pendant tant d'années.»

Mais pourquoi continuez-vous à vous battre de la sorte alors que vous n'avez plus rien à prouver?

«Parce que je prends encore tous les jours le même plaisir. Et puis, quand ce sera fini, ce sera vraiment fini. Il n'y aura plus pour moi toutes ces sensations liées au sport. Comme la préparation d'un objectif avec ce que cela suppose comme dose de motivation et de préparation physique. Très sincèrement, je ne me sens pas encore dans la peau de celui qui est condamné à regarder les albums souvenirs. Je suis trop jeune, j'ai encore envie de regarder devant moi et pas uniquement dans le rétroviseur!»

Et les efforts consentis aujourd'hui pour conserver un bon niveau sont-ils, eux, plus pesants que par le passé?

«Disons que c'est différent. Cet été, par exemple, j'ai pris énormément de plaisir à préparer la saison. A la limite, j'ai trouvé cela très excitant. Mais cette sensation est liée au fait qu'on me juge, de l'extérieur, trop vieux ou déjà fini , ce qui m'enlève une forme de pression, alors qu'intérieurement, moi, je sais que je possède toujours le niveau. Donc, ce ne sont pas les efforts qui sont pesants mais plutôt la multitude des longs voyages et la perpétuelle gestion des décalages horaires.»

Aujourd'hui, c'est, néanmoins, davantage votre tête que vos muscles qui vous font avancer ou, plutôt, vous empêchent de reculer?

«La tête, en effet, commande tout. Mais cette tête ne cesse de me répéter qu'à 33 ans, on est jeune dans la vie. Que si tout va bien, on a encore 50 ans de vie devant soi. Donc, avec une bonne hygiène de vie, les muscles n'ont pas de mal à suivre le rythme. Tout au plus, la récupération est-elle moins rapide.»

Vous arrive-t-il, parfois, de regretter de ne pas avoir opté pour un sport plus lucratif et plus médiatisé?

«Non. Le choix d'un sport, on le fait à 8 ou 9 ans, parce qu'on aime cette discipline. Ce n'est que bien plus tard qu'on est amené à faire des comparaisons. Ainsi, il est évident qu'il m'arrive de me dire que si j'avais choisi le tennis et réalisé une carrière similaire, aujourd'hui je serais probablement milliardaire! Mais à l'inverse, il y a des tas d'autres sportifs méritants qui, pour vivre, ont un autre métier. Moi, j'ai déjà la chan- ce que ma passion soit devenue mon métier...»

Soyons sincère. Quand vous analysez la gloire qui s'attache aux vedettes d'autres sports où les efforts demandés sont pourtant moindres, cela ne vous rend pas jaloux?

«Jaloux, certainement pas. Frustré, parfois. Car quand on y réfléchit, il y a dix ans à peine j'étais, avec ma première place mondiale, dans la situation actuelle de Kim Clijsters et de Justine Henin-Hardenne. Or il a suffi que je quitte les tout premiers rangs mondiaux pour que je n'existe plus. C'est là ma frustration. Car j'aurais pu admettre ou comprendre cette situation si je n'avais plus signé aucun résultat valable. Mais ce n'est pas le cas. Or je peux assurer, pour vous donner ce simple exemple, qu'il n'y a pas longtemps, un journaliste professionnel, en me croisant, m'a demandé si je jouais encore au tennis de table!»

Comment jugeriez- vous, alors, la gloire? Comme un bien ou comme un mal?

«En fait, les deux! Quand on est dans l'ascenseur qui monte, c'est magique, magnifique. Puis, quand on est arrivé au sommet, forcément c'est la descente qui s'entame. Alors là, très vite, on remarque que ceux qui encensaient à la montée sont les premiers à vous piétiner dans la descente. C'est là que moralement il faut être très fort. Car la gloire, en fin de compte, ce n'est jamais aussi magnifique ni catastrophique qu' on le raconte.»

Est-ce que pour vous la seule recette du succès est la rage de vaincre?

«Ce n'est pas la seule recette, c'est sûr, mais tous les grands sportifs en sont habités. Et ils l'étaient déjà en étant gamins. Un enfant, il suffit de voir son regard en compétition pour le juger. Celui qui ne traduit pas cette rage de vaincre n'arrivera pas. Ce qui ne signifie pas que celui qui la possède réussira à tous les coups. Car il y a, en effet, tant d'au- tres facteurs qui interviennent dans la réussite d'un sportif.»

Chez vous, cette rage de vaincre a toujours été naturelle?

«C'est naturel, même si, par la suite, je l'ai un peu travaillée pour que je puisse l'appliquer en toutes circonstances. Mais, au départ, c'est vrai, c'est naturel. Si je joue une partie de Stratego, j'ai envie de la gagner. Idem pour un parcours de golf.»

Vous avez procuré, sportivement parlant, beaucoup de plaisir aux gens. Mais en avez-vous, aussi, déçu certains?

«Certainement. Car quand on est en pointe de l'actualité, on attend toujours beaucoup de vous. En fait, à ce moment-là de votre carrière, vous n'avez aucun droit à l'erreur. Vous devez être l'exemple en tout et pour tout le monde. Or, forcément, il arrive un moment où vous devez décevoir certaines personnes. Je suis un être humain avec ses qualités et ses défauts...»

Vous est-il arrivé de vous surprendre?

«Oui, car quand je vois d'où je viens, avoir été numéro un mondial est quelque chose de dingue. Et plus le temps passe, plus je suis impressionné par mes résultats. Car ce n'est qu'aujourd'hui que je réalise vraiment que pour rester au top, il faut sans cesse gagner. Et cela, je l'ai fait, moi, ce que je trouve finalement très impressionnant.»

 


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20 ans en équipe nationale

Ci-dessous un article paru dans la Dernière Heure-Les Sports du 22 octobre
 

 

Vingt ans en équipe nationale: bon anniversaire, Jean-Mi!

NAMUR Quoi qu'il advienne, bien avant le coup d'envoi de ce Belgique-République tchèque, Jean-Michel Saive sait qu'il s'agira d'une soirée pas comme les autres. La seule présence de Sa Majesté la Reine donne à l'événement une dimension toute différente. Le fait est aussi que l'événement coïncide avec l'anniversaire des 20 ans de bons et loyaux services de notre n°1 national. Un fameux bail qui rappelle au principal intéressé des tas de souvenirs. «Le plus grand moment? Sans aucun doute, la finale de la Coupe du Monde à Osaka en 2000, même si nous avons été battus. Parce que c'était une finale mondiale et parce que c'était face à la Chine, mais peut-être aussi parce que tout cela est arrivé bien après les deux succès de la Belgique en Ligue européenne. En relativisant, toutefois, et en tenant compte de paramètres plus émotionnels, je pense que ces deux victoires en Ligue ont sans doute eu davantage de valeur. En 1993, nous avions échoué en finale devant la Suède. En 94, ce fut la revanche. Mais le sacre a eu lieu en Suède. En 95, c'était mieux, à Ans, chez moi, face à l'Allemagne. Ces deux triomphes s'accompagnaient d'un élan médiatique incroyable. Il y avait la télé en direct et le ping jouissait alors d'une popularité incroyable. Tout cela ensemble, c'était fantastique. Pour retourner sur la scène mondiale, évidemment, on ne peut pas oublier notre place en demi-finale à Chiba, en 91. A l'époque, plusieurs d'entre nous disaient que cela n'arriverait plus jamais!» Deux fois vainqueur de la Ligue et deux fois médaillé au Mondial (bronze à Chiba, argent à Osaka), Jean-Mi et ses Diables n'ont en revanche jamais vraiment bien réussi aux Championnats d'Europe. «En 96, Phil a raté une balle de match contre la France, sans quoi nous étions en demi-finales.»

Et pour la bonne bouche (et vous lirez que c'est le cas de dire), nous avons gardé le moment le plus insolite que Jean-Mi ait vécu en équipe nationale. Cela se passait à Chiba, en 1991, au cours du match face à l'Angleterre: «Thierry Cabrera affrontait Chen Xinhua et le match était hypertendu, comme souvent avec Thierry. Les séparations étaient très étroites et, à un moment, la balle file en direction du banc où Remo Deprophetis dégustait un sandwich. Il a voulu attraper la balle mais au lieu de la relancer sur la table, c'est son sandwich qui est parti. Comme c'était Thierry qui jouait, il y a eu comme un froid durant une fraction de seconde, avant que tout le monde n'éclate de rire. Thierry, lui, s'est d'abord demandé quoi avant de... rire lui aussi.»

 

«Quand on jouait, c'était souvent au ping»

Philippe et Jean-Michel: une enfance bercée par le sport

NAMUR Parler de son frère n'est pas toujours facile, surtout quand on s'appelle Philippe Saive et que le frangin en question se prénomme Jean-Michel. Deux années séparent les deux gaillards, et l'un a (presque) toujours suivi l'autre. Il y a 20 ans, Phil se souvient du départ de son frère pour ses premiers Championnats du Monde à Tokyo. «C'était évidemment un événement dans la famille, d'autant qu'à l'époque, les télécommunications n'étaient pas ce qu'elles sont devenues aujourd'hui. Tokyo, c'était à l'autre bout du mon- de et le frère aîné y partait pour trois semaines! Je n'ai pourtant pas de souvenirs très précis de cette période. Ce que je sais, en revanche, c'est que j'ai été privé de mon compagnon de jeu privilégié!» Jean-Mi avait alors 13 ans et Phil, 11 à peine. Mais attention: quand on parlait de jeu chez les gamins Saive, il ne s'agissait pas de cow-boys-Indiens mais bien de sport, et de préférence de... ping. «On avait aménagé le grenier de la maison pour jouer au ping. Jean-Mi et moi, on s'amusait à imiter les grands joueurs de l'époque: Bengtson, Klampar, Secrétin... On faisait ainsi des matches curieux. Parfois même, on simulait le Top12. Il est clair qu'après Tokyo, la page de notre enfance était tournée. Jean-Mi est entré définitivement dans les structures nationales et moi, j'y suis arrivé trois ans plus tard.»

C'est entre les deux que Phil a connu un petit moment de froid avec le ping: «J'avais l'impression de ne plus progresser et j'étais même retourné au foot, à Ans. J'avais abandonné un an auparavant lorsque Jean-Mi avait dû faire un choix.» Chez les Saive, on n'hésitait pas à jouer au football l'après-midi et au tennis de table en soirée. Le sport passait avant tout... «Au foot, Jean-Mi jouait libero et moi, extérieur gauche. Mais il n'y avait pas que le ping et le foot. Tous les deux, on adorait le tennis. On s'est aussi retrouvés à l'entraînement. J'ai repris le goût du ping et bientôt, Jean-Mi a dû admettre qu'il avait bien du mal à trouver un meilleur sparring... que moi.»

Avec les Diables, ils ont souvent vécu les mêmes émotions, qu'il s'agisse de joies ou de déceptions. Depuis la fin des années 80, ils n'ont pas raté une seule sélection dans un grand rendez-vous. Et l'histoire n'est pas finie. Un sacré bail.



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